Des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont débuté mercredi leur mission sur le site de Bouchehr, la principale centrale nucléaire iranienne de production d’électricité, a confirmé Rafael Grossi, directeur général de l’agence. « Ils sont là-bas maintenant, aujourd’hui, ils inspectent Bouchehr », a-t-il déclaré à Washington. Il s’agit de la première équipe de l’AIEA à retourner en Iran depuis la suspension, début juillet, de la coopération iranienne avec l’organisme onusien, conséquence directe des frappes israéliennes sur les installations nucléaires iraniennes.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a toutefois souligné que cette visite ne marque pas une reprise complète de la coopération. « Aucun texte définitif n’a encore été approuvé concernant le nouveau cadre de coopération avec l’AIEA et des échanges de vues sont en cours », a-t-il précisé à la télévision d’État. La mission des inspecteurs se limite pour l’instant au remplacement du combustible de Bouchehr, sans inclure les sites de Fordo, Natanz et Ispahan, qui avaient été endommagés lors des frappes de juin.
L’Iran reproche à l’AIEA de ne pas avoir condamné les attaques israéliennes et américaines, et estime que l’agence a, en partie, contribué à la dynamique qui a conduit à ces frappes. Depuis juillet, une loi votée par le Parlement iranien interdit en principe toute coopération avec l’AIEA, bien que des dérogations ponctuelles soient possibles pour des opérations techniques spécifiques.
Le retour des inspecteurs intervient alors que Téhéran a repris des négociations avec Paris, Berlin et Londres, qui menacent de réactiver le mécanisme de sanctions prévu par l’accord nucléaire de 2015 si l’Iran ne respecte pas pleinement ses engagements. Les autorités iraniennes ont averti que le déclenchement de ce mécanisme pourrait affecter, voire interrompre, la coopération avec l’AIEA.
Malgré ces tensions, les inspections à Bouchehr représentent un geste de transparence limité, signalant que l’Iran reste ouvert à certaines vérifications tout en maintenant un contrôle strict sur l’accès à ses installations nucléaires sensibles. Cette situation reflète l’équilibre délicat entre les exigences internationales en matière de surveillance nucléaire et les revendications de souveraineté iraniennes dans un contexte régional et géopolitique particulièrement tendu.