Taipei/Pékin, 30 décembre 2025 – Taïwan a fermement dénoncé mardi les « intimidations militaires » de la Chine, après le lancement par Pékin d’exercices à grande échelle autour de l’île autonome. Baptisées « Mission Justice 2025 », ces manœuvres, débutées lundi 29 décembre, incluent des tirs à munitions réelles dans sept zones maritimes et aériennes, simulant un blocus complet des ports clés taïwanais et une interdiction d’accès aux forces extérieures.
La porte-parole du bureau présidentiel taïwanais, Karen Kuo, a déclaré : « En réponse au mépris des autorités chinoises pour les normes internationales et à leur recours à l’intimidation militaire pour menacer les pays voisins, Taïwan condamne fermement ces actions provocatrices et irresponsables qui sapent la paix régionale. » Elle a appelé Pékin à la retenue et à cesser immédiatement ces démonstrations de force.
L’armée taïwanaise a détecté un record de 89 avions militaires chinois – le plus élevé depuis plus d’un an – ainsi que 28 navires de guerre et plusieurs bâtiments des garde-côtes près de ses eaux territoriales. En réaction, Taipei a activé un centre de réponse d’urgence, déployé des « forces appropriées » et conduit des exercices de riposte rapide, incluant des décollages de chasseurs Mirage 2000 et F-16, ainsi que des simulations de défense antimissile.
Selon le commandement de l’Armée populaire de libération (APL), ces exercices mobilisent destroyers, frégates, chasseurs, bombardiers, drones et roquettes à longue portée. Le colonel-major Shi Yi, porte-parole chinois, les a qualifiés d’« avertissement sévère aux forces séparatistes prônant l’indépendance de Taïwan et aux ingérences extérieures », une « action nécessaire pour sauvegarder la souveraineté nationale ».
Ces manœuvres, les plus étendues depuis 2022, couvrent une zone record et perturbent plus de 850 vols, affectant environ 100 000 passagers. Elles interviennent 11 jours après l’approbation par l’administration Trump d’une vente d’armes record de 11,1 milliards de dollars à Taïwan, incluant des systèmes HIMARS, ainsi qu’après les déclarations de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi évoquant une possible intervention de Tokyo en cas d’agression.
Les analystes internationaux soulignent que ces exercices illustrent la capacité accrue de l’APL à un déploiement rapide et multidomaines, augmentant les risques d’incident. Les États-Unis ont appelé à la retenue, tandis que Taïwan poursuit le renforcement de son armée avec un budget en hausse.
La communauté internationale observe cette escalade avec inquiétude dans le détroit de Taïwan, un point chaud géopolitique majeur.

























