Dans la nuit du 15 au 16 mars 2025, les États-Unis et le Royaume-Uni ont lancé une série de frappes aériennes contre des positions houthis à travers le Yémen. Les bombardements ont ciblé des installations militaires stratégiques à Sanaa, Saada, Taez et Radaa, visant notamment des radars, des systèmes de défense antiaérienne et des entrepôts de missiles. Cette opération a été menée par des avions de chasse décollant du porte-avions USS Harry Truman, stationné en mer d’Arabie, ainsi que par des drones opérant depuis des bases militaires régionales.
Selon les autorités houthies, ces frappes ont causé entre 30 et 45 morts, ainsi qu’une centaine de blessés, principalement des civils. De leur côté, les États-Unis ont justifié l’opération en affirmant qu’elle visait à neutraliser les capacités militaires des Houthis, responsables de nombreuses attaques contre des navires en mer Rouge et de menaces croissantes contre les intérêts occidentaux et israéliens.
Le président américain Donald Trump a rapidement réagi sur son réseau Truth Social, affirmant que ces frappes marquaient le début d’une réponse « massive et soutenue » contre les Houthis. « Nous frapperons fort jusqu’à ce que le danger soit éliminé », a-t-il déclaré, ajoutant que les États-Unis ne toléreront plus les menaces pesant sur le commerce maritime et leurs alliés.
De son côté, le Premier ministre britannique Rishi Sunak a également justifié cette intervention, déclarant qu’il s’agissait d’une « nécessité stratégique pour protéger la libre navigation et empêcher l’Iran de renforcer sa présence militaire dans la région ».
Face à ces frappes, les Houthis ont immédiatement promis une « riposte proportionnée », dénonçant une violation de la souveraineté yéménite et une agression occidentale visant à « maintenir l’hégémonie américaine et britannique » dans la région. « Nos forces armées sont prêtes à répondre à cette escalade par une escalade encore plus grande », a déclaré Mohammed Ali al-Houthi, membre influent du conseil politique des insurgés.
Les rebelles yéménites ont précisé qu’ils riposteraient contre les intérêts américains et britanniques dans la région, menaçant notamment les bases militaires situées dans le Golfe et les navires occidentaux circulant dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Téhéran, soutien clé des Houthis, a fermement condamné les frappes américano-britanniques, qualifiant l’opération de « barbare et illégale ». Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a averti que toute attaque contre l’Iran entraînerait une réponse immédiate et « décisive ».
Le général Hossein Salami, commandant des Gardiens de la Révolution, a quant à lui affirmé que les Houthis étaient « totalement indépendants » dans leurs décisions militaires, tout en réaffirmant le soutien de l’Iran aux groupes qui luttent contre Israël et les États-Unis.
Depuis fin 2023, les Houthis ont intensifié leurs attaques contre des navires militaires et commerciaux naviguant en mer Rouge, affirmant vouloir faire pression sur Israël en réponse à son offensive à Gaza. Selon le Pentagone, ces rebelles ont mené plus de 300 attaques contre des navires militaires et commerciaux en un peu plus d’un an.
En proie à une guerre civile depuis 2014, le Yémen est divisé entre les Houthis, qui contrôlent une grande partie du nord et de l’ouest du pays, et le gouvernement reconnu par la communauté internationale, soutenu par l’Arabie saoudite.
Aujourd’hui, les Houthis sont devenus une force militaire redoutable, avec environ 350 000 combattants et une influence grandissante grâce à une structure militaire bien organisée et un soutien tribal renforcé.
Les récents événements ravivent les craintes d’un élargissement du conflit, impliquant non seulement les forces régionales mais aussi des puissances mondiales. À mesure que les tensions augmentent, l’ombre d’un affrontement direct entre l’Iran et les États-Unis plane sur l’ensemble du Moyen-Orient.