Le Conseil de sécurité de l’ONU a pris jeudi une décision majeure concernant le maintien de la paix au Liban : la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) verra son mandat prolongé pour la dernière fois, avec un retrait progressif programmé à partir de 2027. Cette mesure répond aux demandes d’Israël et des États-Unis, qui plaident pour une sortie ordonnée de la mission de maintien de la paix dans le sud du pays.
La résolution adoptée à l’unanimité stipule que le mandat de la FINUL sera prolongé jusqu’au 31 décembre 2026, après quoi débutera une réduction planifiée et sécurisée des forces. Le retrait complet devrait s’effectuer dans le courant de l’année 2027, selon les modalités convenues par le Conseil de sécurité. Cette décision marque un tournant dans la présence internationale au Liban, où la FINUL joue depuis plus de quarante ans un rôle crucial dans la stabilisation du Sud-Liban et la prévention des conflits transfrontaliers avec Israël.
La FINUL, composée de Casques bleus déployés sur les lignes de cessez-le-feu et les zones sensibles, a contribué à maintenir une paix fragile dans une région marquée par des tensions régulières. Les experts soulignent que le retrait progressif devra être accompagné d’une vigilance accrue des autorités libanaises et d’une coopération régionale renforcée pour éviter toute escalade sécuritaire.
Depuis sa création en 1978, la FINUL joue un rôle clé dans la stabilisation du Sud-Liban, une zone marquée par des tensions récurrentes entre le Liban et Israël, notamment en raison des conflits impliquant le Hezbollah. Déployée le long de la Ligne bleue, la frontière de facto entre les deux pays, la force onusienne a contribué à maintenir un cessez-le-feu fragile, à surveiller les violations transfrontalières et à protéger les populations civiles dans un contexte de crises répétées. Avec environ 10 000 Casques bleus issus de divers pays, la FINUL a été un pilier de la sécurité régionale, bien que son efficacité ait souvent été débattue face aux défis complexes du terrain.
La décision de retirer progressivement la FINUL répond principalement aux pressions d’Israël et des États-Unis, qui estiment que la mission, bien que prolongée, doit céder la place à une gestion plus autonome de la sécurité par les autorités libanaises. Ce choix intervient dans un contexte régional tendu, où le Liban fait face à une crise économique et politique profonde, compliquant sa capacité à assumer pleinement ses responsabilités sécuritaires. La résolution souligne l’importance d’une transition ordonnée, mais les modalités précises du retrait restent à définir, suscitant des interrogations sur la viabilité d’une relève efficace par l’armée libanaise.
Le retrait de la FINUL pose plusieurs défis majeurs. Tout d’abord, la surveillance des frontières sud, où les incidents transfrontaliers avec Israël restent fréquents, nécessitera un renforcement des capacités militaires et logistiques du Liban. Ensuite, la présence du Hezbollah, acteur non étatique influent dans la région, pourrait compliquer la transition, surtout si les tensions avec Israël s’intensifient. Enfin, la protection des civils dans les zones sensibles, où les Casques bleus jouent un rôle humanitaire crucial, devra être assurée par des mécanismes locaux ou régionaux encore incertains.