Le président béninois Patrice Talon a publiquement et à plusieurs reprises affirmé son intention de ne pas briguer un troisième mandat, respectant ainsi la limite constitutionnelle de deux mandats fixée par la Constitution du Bénin. Cette position a été réitérée dans une interview accordée à Jeune Afrique le 14 mars 2025, où il a déclaré : « Une énième fois, je vous le redis : non, je ne serai pas candidat. Cette question m’agace. J’ai moi-même renforcé la Constitution pour stipuler que nul ne pourra exercer plus de deux mandats dans sa vie. » Élu en 2016 et réélu en 2021, Talon arrivera au terme de son second mandat en 2026, et il a constamment souligné son engagement à céder le pouvoir de manière ordonnée.
Sa décision s’inscrit dans un contexte où la Constitution béninoise, révisée en 2019 sous son impulsion, stipule clairement qu’aucun président ne peut exercer plus de deux mandats au cours de sa vie, une mesure visant à garantir l’alternance démocratique. Lors du sommet citoyen ouest-africain sur la bonne gouvernance tenu à Cotonou en juillet 2021, Talon avait déjà pris cet engagement devant des représentants de la société civile, déclarant : « Je mesure la portée du relais et devant vous combien je vais m’engager, vous prendre à témoin pour passer ce relais, le troisième dimanche de mai 2026, à celui qui aura la confiance du peuple béninois. » Il a également prôné l’importance de limiter les mandats pour le bien du peuple, une position qu’il a défendue comme un principe démocratique fondamental.
En plus de renoncer à un troisième mandat, Talon a exprimé son souhait d’assurer une transition ordonnée. Dans l’interview de mars 2025, il a indiqué qu’il serait « attentif » au choix de son successeur, soulignant son désir de préserver les réformes réalisées durant ses dix années au pouvoir : « Le prochain président du Bénin sera mon président, celui de mon pays, de ma famille, de ma communauté et de tout ce qui m’est cher. » Il a ajouté qu’il veillerait à ce que ce successeur n’ait pas pour ambition de « déconstruire les réformes accomplies en dix ans grâce aux efforts et aux sacrifices de tous les Béninois. » Cette volonté de transition stable intervient dans un climat politique marqué par des tensions, notamment après l’arrestation en septembre 2024 de figures proches du pouvoir, comme Olivier Boko et Oswald Homeky, accusés de tentative de coup d’État, un événement qui a ravivé les spéculations sur la succession.
Malgré ses déclarations répétées, certains observateurs et opposants restent sceptiques, pointant du doigt les appels persistants de partisans à un troisième mandat et le passé de Talon, qui avait initialement promis en 2016 de ne faire qu’un seul mandat avant de se représenter en 2021. Cependant, ses actions, comme le renforcement constitutionnel des limites de mandats et ses discours constants depuis 2021, semblent indiquer une intention ferme de respecter la loi et de favoriser une passation de pouvoir organisée en 2026. Ainsi, Patrice Talon cherche à positionner le Bénin comme un modèle d’alternance démocratique en Afrique de l’Ouest, tout en laissant son empreinte à travers une transition qu’il espère maîtrisée.