Le gouvernement somalien a révélé mercredi qu’une violente explosion survenue la veille à Mogadiscio visait directement le président Hassan Sheikh Mohamud. Cette tentative d’assassinat, attribuée au groupe terroriste Al-Shabaab, s’inscrit dans un contexte de lutte acharnée entre les forces gouvernementales et les militants islamistes qui sévissent dans le pays depuis près de deux décennies.
L’attaque s’est déroulée mardi matin, aux alentours de 10h32 heure locale (07h32 GMT), dans le district densément peuplé de Xamar-Jajab, situé au cœur de la capitale somalienne. Le convoi présidentiel, composé de véhicules blindés et escorté par des unités d’élite de la garde nationale, traversait cette zone stratégique en direction de l’aéroport international Aden Adde. Le président Mohamud devait s’envoler pour l’État de Hirshabelle, une région clé où les forces somaliennes mènent une offensive majeure contre les bastions d’Al-Shabaab.
Selon des témoins oculaires, une explosion assourdissante a retenti, suivie d’une épaisse colonne de fumée noire s’élevant dans le ciel. Des sources sécuritaires ont indiqué que l’attaque a été perpétrée à l’aide d’un véhicule piégé, stationné à un carrefour fréquenté et déclenché à distance au passage du convoi. Malgré la puissance de la déflagration, les mesures de sécurité renforcées ont permis au président et à son entourage d’échapper au pire. « L’attaque a été déjouée grâce à la vigilance des forces de sécurité, et le président est arrivé sain et sauf à sa destination comme prévu », a déclaré le ministère de l’Information dans un communiqué officiel.
Cette tentative d’assassinat intervient alors que la Somalie traverse une période de bouleversements sécuritaires et politiques. L’explosion a causé la mort de plusieurs civils, dont des commerçants et des passants pris au piège dans l’onde de choc, et a ravivé les craintes d’une recrudescence des violences dans la capitale. Mogadiscio, bien que sous contrôle gouvernemental, reste une cible privilégiée pour Al-Shabaab, qui utilise des tactiques de guérilla urbaine pour déstabiliser les autorités.
Les responsables somaliens ont interprété cet attentat comme un signe de désespoir de la part du groupe terroriste. « Al-Shabaab est sur la défensive. Leurs pertes sur le champ de bataille les poussent à multiplier les actes désespérés contre des cibles symboliques », a expliqué un haut fonctionnaire du ministère de la Défense sous couvert d’anonymat. En effet, depuis plusieurs mois, l’Armée nationale somalienne (SNA), soutenue par des milices locales et des frappes aériennes de partenaires internationaux comme les États-Unis, a repris plusieurs zones rurales aux mains des islamistes, notamment dans les régions de Galmudug et d’Hirshabelle.
« Cet acte lâche, qui a coûté des vies innocentes, démontre l’affaiblissement de l’emprise d’Al-Shabaab alors qu’ils continuent de perdre du terrain en Somalie », a insisté le gouvernement dans son communiqué, soulignant la détermination des forces armées à poursuivre leur offensive.
Les forces de sécurité ont immédiatement bouclé la zone de l’attaque, située à proximité d’un checkpoint militaire et de bâtiments administratifs sensibles. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l’attentat et identifier d’éventuels complices locaux ayant facilité l’opération. Des experts en explosifs ont été déployés sur place pour analyser les débris et retracer l’origine du matériel utilisé.
Peu après l’incident, Al-Shabaab, affilié à Al-Qaïda depuis 2012, a revendiqué l’attaque via une déclaration diffusée sur une station de radio affiliée au groupe. Les militants ont affirmé que leurs combattants avaient ciblé le président Mohamud dans le but d’entraver ses efforts pour coordonner les opérations militaires dans les régions contestées. Cette revendication rapide illustre la volonté du groupe de maintenir une image de puissance malgré ses revers récents.
Dans une allocution diffusée à la télévision nationale, le conseiller à la sécurité nationale du président, Hussein Sheikh Ali, a tenu à rassurer la population. « Le président est en sécurité et poursuit sa mission. Cette attaque ne détournera pas la Somalie de son chemin vers la paix », a-t-il affirmé. En effet, Hassan Sheikh Mohamud, réélu en 2022, a fait de la lutte contre Al-Shabaab une priorité absolue de son mandat, mobilisant à la fois les ressources nationales et l’appui de la communauté internationale.
Le gouvernement somalien s’appuie notamment sur la Mission de transition de l’Union africaine en Somalie (ATMIS), ainsi que sur des partenariats avec les États-Unis, la Turquie et l’Union européenne, pour renforcer ses capacités militaires et stabiliser le pays. « Avec l’unité de notre peuple et l’aide de nos partenaires internationaux, la Somalie atteindra une paix et une stabilité durables », a promis le ministère de l’Information, appelant à une mobilisation collective contre l’extrémisme.