Dans un discours empreint de fermeté et de défi, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a averti lundi que l’Iran réagirait de manière « ferme » en cas d’attaque contre son territoire, suite aux menaces réitérées du président américain Donald Trump. Ce dernier avait récemment annoncé que des bombardements auraient lieu en Iran si le pays refusait de signer un accord sur son programme nucléaire.
Lors de son allocution à Téhéran, marquant la fin du ramadan, Khamenei a souligné la gravité de la situation, affirmant : « Ils menacent de faire des dégâts (…), si c’est le cas, il y aura assurément une riposte ferme » de l’Iran. Bien que le nom de Donald Trump n’ait pas été explicitement mentionné, il était évident que ce discours répondait directement aux déclarations belliqueuses du président américain.
Khamenei, dirigeant de l’Iran depuis 1989, a ainsi réaffirmé sa position face à la pression croissante exercée par Washington et ses alliés occidentaux. Les États-Unis, qui accusent l’Iran de chercher à développer des armes nucléaires, ont intensifié leur politique de « pression maximale », rétablissant des sanctions sévères après le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord nucléaire de 2015. En réponse, l’Iran continue de nier toute intention de se doter de l’arme nucléaire, insistant sur des fins civiles pour son programme nucléaire, notamment à des fins énergétiques.
L’Iran a également exprimé son mécontentement en convoquant le chargé d’affaires de l’ambassade de Suisse à Téhéran, qui représente les intérêts américains en Iran. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a qualifié les menaces de Trump de « choquantes » et d’« affront à la paix et à la sécurité internationales ».
L’escalade des tensions s’accompagne de multiples conflits dans la région, notamment en raison du soutien iranien aux rebelles houthis au Yémen et des tensions croissantes avec Israël. Dans ce contexte, Khamenei a indirectement répondu aux accusations d’ingérence en affirmant : « Il n’y a qu’une seule force supplétive dans la région, c’est le régime sioniste corrompu et usurpateur », en référence à Israël, son ennemi de longue date.
Face à ces tensions, bien que les relations diplomatiques entre l’Iran et les États-Unis soient rompues depuis 1980, des discussions indirectes se poursuivent, souvent facilitée par des médiateurs comme le sultanat d’Oman. Cependant, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a réaffirmé dimanche que son pays refusait toute négociation directe sous la pression.
Cette situation est donc à un tournant, avec des menaces de plus en plus fortes d’une confrontation militaire et des appels constants à éviter la guerre. L’Iran, fidèle à sa ligne de résistance, se prépare à défendre son territoire contre toute agression, tout en cherchant à maintenir un dialogue, même indirect, pour apaiser les tensions.