São Paulo – Premier exportateur mondial de volaille, le Brésil a officiellement confirmé, ce vendredi, son premier foyer de grippe aviaire dans une ferme commerciale située dans la ville de Montenegro, au sud du pays, dans l’État du Rio Grande do Sul. Cette annonce marque un tournant préoccupant pour un secteur qui représente près de 35 % du commerce mondial de viande de poulet.
Cette détection a déjà entraîné une première mesure de rétorsion commerciale : la Chine, l’un des plus gros clients du Brésil, a suspendu pour 60 jours toutes ses importations de volaille en provenance du pays. D’autres partenaires commerciaux pourraient suivre.
L’épidémie a été signalée dans une zone stratégique, le Rio Grande do Sul assurant à lui seul environ 15 % de la production et des exportations nationales de volaille. Le ministère brésilien de l’Agriculture a immédiatement mis en place un cordon sanitaire, ordonné l’abattage des volailles restantes et déclenché une enquête dans un rayon de 10 kilomètres autour de l’épicentre.
Malgré l’ampleur potentielle de cette crise, les autorités assurent que la situation est « sous contrôle ». Le groupe industriel ABPA, qui représente les producteurs de viande et de volaille, affirme que toutes les mesures sanitaires nécessaires ont été prises rapidement. Le ministère a, de son côté, notifié l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et les principaux partenaires commerciaux.
Le géant BRF, l’un des principaux exportateurs du pays, dont cinq usines opèrent dans la région affectée, se veut rassurant. Son PDG, Miguel Gularte, a déclaré lors d’un échange avec des analystes que les protocoles sanitaires brésiliens sont robustes et que « cet épisode sera rapidement maîtrisé ».
L’épidémie rappelle les ravages provoqués par la grippe aviaire aux États-Unis depuis 2022, où près de 170 millions d’oiseaux ont été abattus, avec des conséquences graves sur l’offre mondiale de viande et d’œufs.
Les autorités sanitaires brésiliennes ont tenu à rassurer les consommateurs : la maladie ne se transmet pas par la consommation de viande de volaille ou d’œufs. « Les produits inspectés restent sûrs pour la consommation », précise un communiqué officiel.