Le Soudan du Sud traverse actuellement la pire épidémie de choléra en deux décennies, avec plus de 40 000 cas et 694 décès enregistrés en près de six mois, a annoncé l’UNICEF ce lundi. Cette flambée épidémique met en péril la vie de milliers de personnes, en particulier des enfants, alors que le pays est déjà plongé dans une instabilité chronique et une crise humanitaire préoccupante.
Depuis la déclaration officielle de l’épidémie en octobre 2024, les autorités sud-soudanaises et les organisations internationales peinent à contenir la propagation rapide du choléra. L’UNICEF rapporte que 50 % des cas concernent des enfants de moins de 15 ans, ce qui en fait une menace majeure pour les jeunes générations.
Le choléra, une infection intestinale aiguë provoquée par la bactérie Vibrio choleraediarrhée , se propage principalement par la consommation d’eau et d’aliments contaminés. Il entraîne de sévères diarrhées, des vomissements et des crampes musculaires, pouvant provoquer une déshydratation mortelle en seulement quelques heures si aucun traitement n’est administré rapidement.
L’épidémie survit dans un climat de tensions extrêmes au Soudan du Sud. Des affrontements entre les forces gouvernementales et des groupes armés dans la région du Haut-Nil (nord-est) ont exacerbé la crise , compliquant l’accès aux soins et la distribution de l’aide humanitaire.
D’après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), ces violences ont conduit au déplacement de 50 000 personnes depuis fin février , altérant ainsi les risques de contamination dans des camps de fortune où les conditions sanitaires sont déplorables.
L’ONU a récemment averti que le pays était « au bord d’une chute dans la guerre civile » , une situation qui complique encore la mise en place de mesures efficaces pour lutter contre l’épidémie.
Le choléra ne se limite pas au Soudan du Sud. L’épidémie touche 16 pays d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe, avec un total de 178 000 cas confirmés et près de 2 900 décès entre janvier 2024 et mars 2025, selon l’UNICEF.
L’Angola est particulièrement touché, avec plus de 7 500 cas et 294 décès signalés en seulement deux mois. Cette recrudescence du choléra dans la région inquiète les experts de la santé, qui appellent à une mobilisation urgente pour contenir la maladie.
FrontFace à cette crise sanitaire, l’UNICEF, Médecins Sans Frontières (MSF) et d’autres organisations intensifient leurs efforts pour vacciner les populations, fournir des solutions de réhydratation et améliorer l’accès à l’eau potable. Toutefois, le manque de financements et l’insécurité persistante entraînent gravement les interventions médicales.
Le besoin d’une aide humanitaire renforcée est impératif pour éviter une catastrophe encore plus grande. La communauté internationale est appelée à réagir rapidement pour soutenir le Soudan du Sud et les autres pays touchés par cette flambée épidémique.
Tant que les conflits armés et les déplacements de massifs de population se poursuivront, la lutte contre le choléra reste un défi majeur au Soudan du Sud. Sans une stabilisation du pays et un accès garanti à l’aide médicale, des milliers de vies restent en danger.