Le monde du football sud-américain est en ébullition après les déclarations choquantes du président de la Confédération sud-américaine de football (Conmebol), Alejandro Dominguez. Lors du tirage au sort de la Copa Libertadores, le dirigeant paraguayen a comparé les clubs brésiliens à « Cheetah », le singe de Tarzan, déclenchant une vague de colère au Brésil et au sein de la communauté footballistique.
Cette déclaration intervient alors que plusieurs clubs brésiliens dénoncent depuis des mois le laxisme de la Conmebol face aux actes de racisme dans les stades. Des joueurs du club de Palmeiras avaient récemment été la cible de cris de singe lors d’un match au Paraguay. Face à l’absence de mesures fermes, la Fédération brésilienne de football (CBF) et plusieurs clubs avaient déjà exprimé leur frustration.
Mais loin d’apaiser la situation, Alejandro Dominguez a enfoncé le clou en déclarant publiquement « La Conmebol sans les clubs brésiliens serait comme Tarzan sans Cheetah. »Une phrase qui a immédiatement provoqué un tollé, perçue comme une assimilation raciste des joueurs brésiliens à un singe.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. La présidente du club de Palmeiras, Leila Pereira, a vivement condamné ces propos, parlant d’une déclaration « désastreuse et inacceptable ». Pour elle, cette sortie de Dominguez est une provocation directe, notamment envers Palmeiras, qui avait récemment dénoncé des actes racistes.
De son côté, la Confédération brésilienne de football (CBF) a publié un communiqué exprimant sa « totale indignation » face à une déclaration qui, selon elle, « encourage malheureusement la répétition de comportements racistes sur les terrains sud-américains ».
Face à la tempête médiatique, Alejandro Dominguez a tenté de se justifier et de calmer les tensions. Sur son compte X (anciennement Twitter), il a publié un message d’excuses :
« La phrase que j’ai utilisée est une expression populaire et je n’ai jamais eu l’intention de mépriser quiconque. Je tiens à exprimer mes excuses […]. J’ai toujours promu le respect et l’inclusion dans le football et dans la société. »
Des paroles qui peinent à convaincre tant l’indignation est grande. Beaucoup considèrent que ces excuses sont insuffisantes et ne changent rien au problème de fond : le manque de fermeté de la Conmebol face aux actes racistes.
En réponse, l’organisation avait infligé une simple amende de 50 000 dollars au club paraguayen de Cerro Porteño, coupable de ces actes racistes. Une sanction jugée largement insuffisante par la CBF et de nombreux observateurs du football.
Alors que le Brésil réclame des actions fortes et une politique de tolérance zéro face au racisme, l’avenir d’Alejandro Dominguez à la tête de la Conmebol pourrait être compromis. La pression monte sur l’organisation pour qu’elle adopte des sanctions plus strictes et renforce ses campagnes de lutte contre le racisme.