Le Secret Service ne sera plus chargé de la protection des deux enfants de Joe Biden. Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche en janvier, a annoncé la suppression de cette protection assurée par les contribuables pour Hunter et Ashley Biden, respectivement âgés de 55 et 43 ans. Cette décision, hautement symbolique, illustre l’intensification des tensions entre l’ancien et l’actuel président, sur fond de rivalité politique et de querelles personnelles.
Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a justifié cette décision en critiquant le coût et l’ampleur de la protection accordée aux enfants de Joe Biden. Selon lui, Hunter Biden disposait de 18 agents dédiés, tandis qu’Ashley Biden bénéficiait de 13 agents, des chiffres qu’il a qualifiés de « ridicules et indécents ».
« Les contribuables américains n’ont pas à financer la sécurité illimitée de la famille Biden. Hunter Biden n’a besoin d’aucune protection, si ce n’est contre lui-même », a lancé l’ancien président, faisant allusion aux démêlés judiciaires du fils aîné de Joe Biden. Hunter Biden a été reconnu coupable dans deux affaires distinctes impliquant la détention illégale d’une arme à feu et une fraude fiscale, faisant de lui une cible privilégiée de la droite dure américaine.
Cette révocation survient alors que Donald Trump a multiplié les attaques directes contre Joe Biden ces derniers jours. L’ancien président, qui ne cache pas son intention de poursuivre en justice plusieurs figures de l’administration précédente, a même laissé entendre qu’il pourrait revenir sur certaines grâces présidentielles accordées à Hunter Biden.
Dans son message, Donald Trump a également insinué que Hunter Biden profitait de la protection du Secret Service pour voyager librement à l’étranger, citant un séjour en Afrique du Sud. Il a critiqué ce pays, affirmant que « les droits humains y sont vigoureusement remis en question » et qu’il « persécute les descendants de colons européens ». Cette rhétorique, relayée par l’homme d’affaires Elon Musk, originaire d’Afrique du Sud, s’inscrit dans une politique plus large de Trump, qui a récemment mis en place une procédure d’asile pour les « réfugiés afrikaners ».
Historiquement, la protection des proches des anciens présidents américains a rarement été remise en cause, même en cas de transition politique conflictuelle. La décision de Donald Trump s’écarte donc des pratiques précédentes et risque de raviver les tensions entre démocrates et républicains.
Pour les démocrates, cette mesure est perçue comme une vengeance politique. La sénatrice Elizabeth Warren a dénoncé un « abus de pouvoir motivé par la rancune », tandis que le camp Biden a accusé Trump de mettre la famille de l’ancien président en danger.
De leur côté, les républicains soutiennent majoritairement cette décision, estimant que la protection des enfants Biden était une dépense injustifiée pour l’État fédéral. « Hunter Biden est un adulte et un justiciable comme les autres. Il n’a pas à bénéficier d’un traitement de faveur », a déclaré Kevin McCarthy, figure républicaine du Congrès.
L’affaire soulève également des interrogations sur la sécurité des proches d’anciens présidents. Si la protection du Secret Service n’est pas un droit automatique et est soumise à l’appréciation de l’administration en place, les précédents montrent que la tradition veut qu’elle ne soit pas modifiée pour des raisons strictement politiques.
Ce retrait de protection pourrait être un prélude à d’autres mesures similaires prises par Donald Trump, qui semble vouloir marquer sa nouvelle présidence par une rupture nette avec l’ère Biden. Certains observateurs anticipent que d’autres décisions déstabilisantes pourraient suivre, notamment en matière de politique intérieure et de relations internationales.
En attendant, Hunter et Ashley Biden devront s’organiser sans le Secret Service pour assurer leur sécurité, une situation qui pourrait les contraindre à recourir à des services de protection privés.