Les prix mondiaux du pétrole brut ont enregistré une hausse de plus de 1% ce mardi 18 mars 2025, atteignant leur niveau le plus élevé depuis début mars. Cette progression est alimentée par une combinaison de facteurs géopolitiques et économiques, notamment l’escalade des tensions au Moyen-Orient et l’annonce de mesures de relance économique en Chine, deuxième puissance mondiale et plus grand importateur de brut.
À 9h11 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait à 71,91 dollars, en hausse de 84 cents (+1,2%), tandis que les contrats à terme sur le WTI américain gagnaient également 84 cents (+1,2%) pour atteindre 68,42 dollars le baril. Cette dynamique haussière intervient alors que les marchés réagissent aux récents développements au Moyen-Orient. Le président américain Donald Trump a réaffirmé son intention de poursuivre les frappes contre les positions houthies au Yémen, en réponse aux attaques menées par ce groupe contre des pétroliers et navires commerciaux dans la mer Rouge. Ces perturbations dans une région clé pour le commerce pétrolier mondial ravivent les craintes d’une rupture des approvisionnements.
Par ailleurs, à Gaza, les frappes aériennes israéliennes ont fait au moins 200 morts selon les autorités sanitaires palestiniennes, mettant fin à une trêve fragile qui durait depuis janvier. « L’instabilité croissante au Moyen-Orient, combinée aux attaques américaines contre les Houthis, soutient clairement les cours du pétrole », ont noté les analystes d’ING Financial dans une récente étude.
Du côté de la demande, la Chine joue également un rôle déterminant dans cette hausse. Le Conseil d’État chinois a dévoilé, le dimanche 17 mars, un plan ambitieux visant à relancer la consommation intérieure. Parmi les mesures phares figurent une augmentation des revenus des ménages et des subventions pour la garde d’enfants, destinées à encourager les dépenses. Les données publiées lundi confirment une reprise encourageante : la production des raffineries chinoises a progressé de 2,1% sur les deux premiers mois de l’année par rapport à 2024, signe d’une demande pétrolière robuste.
Ces annonces interviennent alors que les ventes au détail et les investissements en actifs fixes ont dépassé les attentes, renforçant l’optimisme des investisseurs quant à la capacité de Pékin à soutenir la croissance mondiale de la demande énergétique.
Malgré cette poussée, certains experts appellent à la prudence. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a averti lundi que les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump pourraient freiner la croissance aux États-Unis, au Canada et au Mexique, avec des répercussions sur la demande mondiale d’énergie. Robert Rennie, stratège chez Westpac, estime que « l’augmentation de l’offre mondiale, combinée aux guerres commerciales, devrait ramener les prix autour de 60 dollars le baril à moyen terme ».
En parallèle, au Venezuela, la compagnie pétrolière nationale Pedosa prévoit de maintenir sa production et ses exportations en partenariat avec Chevron, même après l’expiration de la licence de cette dernière en avril, selon un document consulté par Reuters. Cette résilience pourrait accentuer la pression sur l’offre mondiale.