Les prix du pétrole ont clôturé la séance mondiale de vendredi en progression, marquant ainsi une deuxième hausse hebdomadaire consécutive. Cette tendance haussière, observée sur les marchés internationaux, est largement attribuée aux perspectives de resserrement de l’offre mondiale, alimentées par les décisions récentes de l’OPEP+ et des dynamiques contrastées aux États-Unis.
Le baril de Brent, référence internationale, a gagné 16 cents, soit une hausse de 0,2 %, pour s’établir à 72,16 dollars. De son côté, le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a progressé de 21 cents, soit 0,3 %, atteignant 68,28 dollars le baril. Sur l’ensemble de la semaine écoulée, le Brent a affiché une augmentation de 2,1 %, tandis que le WTI a enregistré une hausse de 1,6 %, constituant leur meilleure performance hebdomadaire depuis début 2025.
Cette montée des cours pétroliers trouve une explication majeure dans les récentes annonces de l’OPEP+. Le cartel, regroupant les pays producteurs et leurs alliés, a dévoilé un nouveau plan visant à réduire la production de sept de ses membres afin de compenser un excédent par rapport aux quotas convenus. Ce programme ambitieux prévoit des coupes mensuelles oscillant entre 189 000 et 435 000 barils par jour, qui devraient s’étendre jusqu’en juin 2026. Une mesure qui, selon les analystes, vise à stabiliser les prix face à une offre mondiale jugée trop abondante.
Cependant, des doutes persistent quant à l’application rigoureuse de ces engagements. Alex Hodes, analyste pétrolier chez StoneX, cité par Reuters, souligne que les marchés attendent des preuves concrètes de la discipline de pays comme l’Irak, le Kazakhstan et la Russie, dont les réductions ont été annoncées jeudi dernier. « Sans ces garanties, le soutien au plan de l’OPEP+ risque de rester fragile », a-t-il averti.
Outre les décisions de l’OPEP+, l’évolution de la production américaine joue également un rôle dans cette dynamique. Selon le dernier rapport de Baker Hughes, le nombre de plates-formes pétrolières actives aux États-Unis a légèrement augmenté cette semaine, passant à 593 unités, soit une hausse d’une unité. Malgré cette progression, le total reste en deçà des niveaux observés à la même période l’an dernier, reflétant les incertitudes qui pèsent sur le marché.
Parallèlement, les données de l’Administration américaine d’information sur l’énergie (EIA) révèlent un recul de la production hebdomadaire de pétrole aux États-Unis, qui s’élève désormais à 13,573 millions de barils par jour. Ce chiffre, en baisse pour la première fois en sept semaines, se situe 58 000 barils par jour sous le record établi lors de la semaine du 6 décembre 2024. Cette contraction pourrait, à terme, renforcer la pression haussière sur les prix mondiaux.
Si les réductions de l’OPEP+ et le léger repli de la production américaine soutiennent actuellement les cours, l’équilibre demeure fragile. Les investisseurs surveillent de près les prochains indicateurs, en particulier la discipline des membres de l’OPEP+ dans le respect de leurs engagements et les tendances de la demande mondiale dans un climat économique incertain. Pour l’instant, le pétrole paraît engagé sur une pente ascendante, mais cette dynamique reste teintée de prudence.