Les prix du pétrole ont enregistré une chute brutale de plus de 3 % ce jeudi, dans un contexte d’inquiétudes croissantes quant à l’impact des nouveaux tarifs douaniers annoncés par les États-Unis sur l’économie mondiale et la demande de carburant.
Le baril de Brent de la mer du Nord a reculé de 2,66 dollars, soit une baisse de 3,55 %, à 72,29 dollars, tandis que le baril de WTI américain a plongé de 2,69 dollars (-3,75 %), s’établissant à 69,2 dollars à 9h18 GMT.
Cette chute intervient après que le président américain Donald Trump a dévoilé une nouvelle série de droits de douane, imposant notamment un tarif minimum de 10 % sur la plupart des produits importés aux États-Unis. Cette décision, perçue comme une escalade de la guerre commerciale mondiale, risque de peser lourdement sur la croissance économique et, par conséquent, sur la demande énergétique.
« L’annonce des nouveaux tarifs américains a surpris les marchés, accentuant les craintes d’un ralentissement économique mondial », explique Yip Zhanrong, stratège de marché chez IG. Les attentes initiales tablaient sur des taxes de 15 à 20 %, mais la décision finale s’est révélée encore plus agressive, augmentant la pression sur les investisseurs.
Bien que la Maison Blanche ait assuré que les importations de pétrole et de gaz seraient exemptées de ces mesures, l’impact sur l’ensemble de l’économie reste préoccupant. Les analystes de la banque UBS ont d’ailleurs revu à la baisse leurs prévisions de prix du pétrole pour 2025-2026, les ajustant à 72 dollars le baril contre 75 dollars auparavant, citant des fondamentaux économiques fragilisés.
Les tensions commerciales pourraient engendrer des répercussions plus larges, alimentant l’inflation et freinant la croissance économique aux États-Unis et ailleurs. « Les représailles commerciales semblent inévitables, et avec elles, les craintes d’une récession s’intensifient », avertit Tamás Varga, analyste chez PVM.
Par ailleurs, les données publiées par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) ont révélé une hausse inattendue des stocks de pétrole brut aux États-Unis (+6,2 millions de barils en une semaine), alors que les analystes anticipaient une baisse de 2,1 millions de barils.
Les investisseurs restent également attentifs aux discussions au sein de l’OPEP+ concernant la production pétrolière du Kazakhstan, un facteur qui pourrait influencer davantage l’évolution des prix à court terme.
Avec l’incertitude qui plane sur l’économie mondiale, la volatilité des cours du pétrole devrait persister dans les semaines à venir, les marchés restant à l’affût des prochaines décisions politiques et commerciales des grandes puissances.