C’est une affaire effroyable qui met en lumière l’absence totale de sécurité en Algérie et l’incompétence flagrante des services censés protéger la population. Ce lundi, le procureur de la République près le tribunal de Fellaoucen à Oran, M. Walid Zaghina, a révélé le démantèlement d’un réseau criminel impliqué dans des enlèvements crapuleux et dirigé par d’anciens terroristes qui ont pu agir en toute impunité, sous le nez des autorités.
Neuf individus, dont cinq anciens terroristes, ont été arrêtés pour des crimes d’une brutalité insoutenable : enlèvements, meurtres, mutilations, financement d’organisations terroristes à l’étranger, notamment en Syrie. Comment ces criminels ont-ils pu revenir en Algérie et reprendre leurs activités sans être inquiétés ? Pire encore, certains d’entre eux, à l’image du terroriste A.B.D alias Abou Abdallah Al-Jazaïri, avaient déjà été condamnés avant de disparaître mystérieusement des radars, changeant de résidence sans être inquiétés, s’établissant tranquillement à Médéa puis à Oran, où ils ont continué à semer la terreur.
Les forces de sécurité, qui prétendent avoir suivi les suspects, n’ont en réalité réagi qu’après la découverte d’un crime atroce : l’enlèvement, l’assassinat et la mutilation d’un mineur, dont le corps a été jeté comme un vulgaire déchet dans une décharge sauvage. Ce n’est qu’après cette horreur que les enquêteurs ont « découvert » d’autres crimes similaires, dont le meurtre d’un étudiant universitaire disparu depuis des mois. Les familles des victimes avaient pourtant signalé les enlèvements, mais leurs appels à l’aide sont restés lettre morte, jusqu’à ce que les faits deviennent trop visibles pour être ignorés.
Plus inquiétant encore, cette affaire a révélé l’existence d’un réseau plus large s’étendant sur plusieurs wilayas du pays (Batna, Blida, Tlemcen, Tébessa), impliqué dans la collecte de rançons au profit de groupes terroristes internationaux. Combien d’autres réseaux similaires sont encore en activité sous le regard complaisant ou incompétent des autorités ? Pourquoi des individus ayant combattu dans des organisations terroristes en Syrie ont-ils pu rentrer en Algérie sans être immédiatement neutralisés ?
Ce scandale est une preuve éclatante de la faillite sécuritaire qui règne en Algérie. Les criminels circulent librement, les terroristes recyclés reprennent du service, et les citoyens vivent dans la peur, abandonnés par un système qui ne réagit qu’après coup, quand l’irréparable a déjà été commis. Une situation intolérable qui ne fait que confirmer que la sécurité en Algérie n’est qu’un mythe entretenu par des discours officiels déconnectés d’une réalité sanglante.
