À l’approche de l’Aïd al-Adha, le gouvernement algérien se lance dans une importation démesurée d’un million de têtes ovines, une décision qui souligne une fois de plus l’échec des politiques agricoles et la dépendance chronique aux marchés étrangers.
Plutôt que de soutenir durablement les éleveurs locaux et de relancer la production nationale, les autorités préfèrent recourir à des solutions de court terme, engageant des moyens colossaux pour faire transiter ces moutons à travers les ports du pays. Officiellement justifiée par la volonté de stabiliser les prix et d’assurer un approvisionnement suffisant, cette opération ne fait que masquer l’incapacité des responsables à structurer un secteur clé de l’économie nationale.
L’urgence affichée, avec un travail en continu imposé aux infrastructures portuaires, ne peut cacher la réalité : la filière ovine algérienne est sacrifiée au profit d’importations coûteuses, qui enrichissent surtout les intermédiaires et pèsent sur les finances publiques. Pendant ce temps, les éleveurs locaux, étranglés par la hausse des coûts de production et le manque de soutien, continuent de voir leur activité décliner.
Derrière cette importation massive, c’est toute une logique de gestion hasardeuse qui se dévoile : une fuite en avant qui ne résout rien et qui, année après année, affaiblit encore davantage la souveraineté alimentaire du pays.
