Les prix du pétrole ont enregistré une hausse significative d’environ 2 % lundi, atteignant leur plus haut niveau en cinq semaines. Cette augmentation est principalement due aux tensions géopolitiques croissantes entre les États-Unis, la Russie et l’Iran, suscitant des craintes quant à une réduction de l’offre mondiale d’or noir.
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 1,11 $, soit 1,5 %, pour s’établir à 74,74 $ le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain a bondi de 2,12 $, soit 3,1 %, pour s’établir à 71,48 $. Il s’agit des cours de clôture les plus élevés pour ces indices de référence depuis fin février.
Cette flambée s’explique notamment par la menace du président américain Donald Trump d’imposer des droits de douane secondaires allant de 25 % à 50 % aux acheteurs de pétrole russe. Une telle mesure pourrait considérablement affecter les exportations russes, car la Chine et l’Inde, qui comptent parmi les principaux acheteurs, pourraient être forcées de revoir leurs importations.
Trump a également intensifié ses avertissements à l’égard de l’Iran, menaçant de nouvelles sanctions ainsi que de possibles frappes militaires si un accord sur le programme nucléaire iranien n’est pas trouvé rapidement. En réponse, Téhéran a déclaré que les États-Unis subiraient un « coup dur » en cas d’attaque, tandis que les Gardiens de la révolution ont saisi deux pétroliers étrangers transportant plus de trois millions de litres de carburant diesel présumé de contrebande.
Les menaces de sanctions contre la Russie et l’Iran risquent d’entraîner une contraction de l’offre mondiale, ce qui alimente la hausse des prix. Selon les analystes, « le risque d’une perturbation prolongée de l’approvisionnement devient de plus en plus palpable, incitant les investisseurs à parier sur une hausse durable des prix ».
Dans un contexte de tensions accrues, les négociations pour relancer les exportations de pétrole kurde via l’oléoduc Irak-Turquie restent au point mort, notamment en raison d’incertitudes persistantes concernant les modalités de paiement et de contrats. Par ailleurs, la compagnie pétrolière espagnole Repsol a été informée que sa licence d’exportation de pétrole vénézuélien pourrait être révoquée par les autorités américaines, ce qui pourrait encore réduire l’offre mondiale.
L’évolution des prix du pétrole dépendra largement de la stabilité des relations internationales dans les prochaines semaines. Une escalade des tensions entre les États-Unis, la Russie et l’Iran pourrait exacerber la volatilité du marché, tandis que des tentatives de négociation pourraient contribuer à tempérer l’inflation des prix.
D’un point de vue économique, cette flambée intervient dans un contexte où les États-Unis enregistrent une baisse de leur production pétrolière de 305 000 barils par jour en janvier, soit le niveau le plus bas depuis février 2024. En revanche, du côté de la demande, l’activité manufacturière chinoise a progressé en mars à son rythme le plus rapide depuis un an, offrant un certain répit à l’économie mondiale en dépit des tensions commerciales persistantes.
En Europe, l’inflation en Allemagne a reculé plus que prévu en mars, ce qui renforce les appels en faveur d’une baisse des taux d’intérêt par la Banque centrale européenne. Une telle décision pourrait réduire les coûts d’emprunt, favoriser la croissance et accroître la demande énergétique.