La cheffe de file du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a été reconnue coupable de détournement de fonds européens dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires. Le tribunal a prononcé une peine de cinq ans d’inéligibilité et deux ans de prison ferme, une sanction qui ébranle le paysage politique français et compromet sérieusement ses ambitions pour la présidentielle de 2027.
La décision du tribunal a retenti comme un séisme dans le monde politique. Selon le jugement, Marine Le Pen aurait participé à un système visant à détourner des fonds du Parlement européen entre 2004 et 2016, permettant au RN d’économiser des sommes considérables en finançant des assistants parlementaires qui, en réalité, travaillaient pour le parti. Outre son inéligibilité, elle a écopé de quatre ans de prison, dont deux fermes sous bracelet électronique, ainsi qu’une amende de 100 000 euros.
Son avocat, Me Rodolphe Bosselut, a annoncé qu’elle ferait appel de la décision, dénonçant un « coup à la démocratie ». Toutefois, compte tenu des délais judiciaires, un éventuel procès en appel pourrait ne pas se tenir avant 2026, rendant une participation à l’élection présidentielle quasi impossible.
La décision a immédiatement suscité des réactions en France et à l’étranger. Jordan Bardella, président du RN, a dénoncé « l’exécution politique » de Marine Le Pen, tandis que des figures de l’extrême droite européenne, comme Viktor Orban, ont publié des messages de soutien. Elon Musk, entrepreneur américain, a lui aussi critiqué une « utilisation abusive du système judiciaire ».
De son côté, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a exprimé son « inquiétude » face aux attaques contre l’indépendance de la justice. Le Premier ministre François Bayrou s’est dit « troublé », tandis que Jean-Luc Mélenchon a estimé que « la destitution d’un élu devrait revenir au peuple ».
Avec cette condamnation, le RN se retrouve face à une crise majeure. Le parti, déjà condamné à une amende de deux millions d’euros et à la confiscation d’un million d’euros, doit maintenant préparer une stratégie de remplacement pour la présidentielle de 2027. Bardella pourrait devenir le candidat naturel, mais l’absence de Marine Le Pen redessine entièrement l’échiquier politique.
Malgré tout, Marine Le Pen a affiché une posture défiant toute inquiétude. « Je ne suis pas nerveuse », a-t-elle déclaré, tout en reconnaissant que la décision de la justice pourrait avoir des conséquences fatales pour son mouvement. Son avenir politique reste donc suspendu à la suite de la procédure judiciaire et aux choix stratégiques du RN dans les mois à venir.