Le dernier rapport hebdomadaire du ministère de la Défense nationale (MDN) expose une série d’arrestations et de saisies qui, loin de rassurer, soulèvent des questions inquiétantes sur la réalité de la sécurité en Algérie. Alors que les autorités se félicitent de la reddition de quatre terroristes et de l’arrestation de plusieurs individus impliqués dans le narcotrafic et la contrebande, ce bilan met surtout en évidence l’ampleur du chaos qui règne aux frontières et l’incapacité chronique à endiguer ces fléaux.
La reddition de quatre terroristes dans la 6e Région militaire, après des années d’activité au Sahel, montre que ces groupes armés restent actifs, capables de se déplacer et d’opérer en toute impunité avant de se livrer aux autorités, souvent dans des conditions opaques. Doit-on y voir une victoire ou le signe que ces terroristes, probablement usés ou en manque de ressources, n’avaient d’autre choix que de se rendre ?
Sur le front du narcotrafic, l’ampleur des saisies est tout aussi troublante : plus de 30 quintaux de kif en provenance du Maroc et 720 548 comprimés psychotropes interceptés. Si ces chiffres visent à démontrer l’efficacité des opérations sécuritaires, ils révèlent surtout l’étendue du marché de la drogue en Algérie et l’incapacité des autorités à couper les réseaux à la source. À cela s’ajoute la saisie de carburant, de tabac et de denrées alimentaires destinées à la contrebande et à la spéculation, preuve d’un échec retentissant dans la gestion des circuits économiques et des frontières.
Enfin, l’arrestation de 373 migrants clandestins met en lumière une autre réalité : l’Algérie, loin d’être une forteresse, est un point de passage où prospèrent trafics et réseaux criminels. Plutôt que de vanter l’efficacité des forces de sécurité, ce rapport hebdomadaire souligne surtout l’ampleur des failles sécuritaires et le manque de solutions durables pour éradiquer ces phénomènes.
Un simple affichage sécuritaire ne suffira pas à masquer les vrais problèmes : la persistance des groupes terroristes, la corruption qui gangrène les rouages sécuritaires et la fragilité des frontières. Tant que ces questions ne seront pas traitées en profondeur, ces bilans ne seront que des communiqués stériles face à une réalité bien plus préoccupante.