Sonelgaz affiche des prétentions grandioses en matière d’expansion internationale, mais derrière les annonces officielles, la réalité est moins reluisante. L’entreprise publique, déjà confrontée à des défis structurels en Algérie, prétend désormais conquérir les marchés africains, exporter son savoir-faire et réduire les importations. Pourtant, les résultats concrets se font attendre.
Lors de son intervention sur la chaîne III de la Radio nationale, Mohamed Lakhdar Habib, directeur des études économiques de Sonelgaz, a vanté les discussions engagées avec l’Ouganda et le Zimbabwe, ainsi que le projet de centrale électrique de 40 MW au Niger. Un projet présenté comme une avancée stratégique, mais qui ne cache pas les difficultés récurrentes de Sonelgaz en matière de gestion, de rentabilité et de modernisation de ses infrastructures locales.
L’entreprise parle également d’exporter des équipements industriels fabriqués en Algérie : compteurs électriques, bornes de recharge, pylônes haute tension… Mais alors que le marché intérieur peine à se stabiliser et que les coupures d’électricité persistent dans plusieurs régions du pays, Sonelgaz donne l’impression de brûler les étapes en cherchant à séduire des marchés étrangers avant même d’avoir consolidé son propre réseau.
Autre projet ambitieux : un corridor électrique entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Là encore, il ne s’agit que d’annonces et de promesses vagues, avec un mémorandum d’entente toujours en discussion. Rien ne garantit que ce projet verra le jour, ni qu’il bénéficiera réellement à l’Algérie au-delà de l’effet d’annonce.
En misant sur une expansion internationale alors que de nombreux défis persistent au niveau national, Sonelgaz semble plus préoccupée par son image que par une véritable stratégie énergétique cohérente et efficace.
