Mardi, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, s’est rendue à Oran pour partager la joie de l’Aïd avec des enfants malades du cancer, des orphelins et des personnes âgées. Une visite qui, derrière son apparente bienveillance, soulève de nombreuses questions sur l’impact réel des politiques sociales en Algérie.
Dans une mise en scène bien rodée, la ministre a supervisé une cérémonie dans un établissement pour enfants assistés, avant de se rendre à la Maison des personnes âgées et à l’hôpital Emir Abdelkader. Des cadeaux ont été distribués, des spectacles et des animations musicales ont été organisés, et la ministre a souligné l’importance de cette présence symbolique.
Mais au-delà des images diffusées et des sourires captés par les caméras, aucune annonce concrète n’a été faite. Ni augmentation du budget pour ces structures, ni engagement pour l’amélioration des soins aux enfants atteints de cancer, ni réforme en faveur des personnes âgées en situation de précarité.
« Il était nécessaire de rendre visite à nos enfants malades pour nous assurer de leur bien-être », a déclaré la ministre. Pourtant, cette déclaration semble en total décalage avec la réalité des hôpitaux algériens, où le manque de matériel, de personnel et de médicaments est criant. Les établissements pour personnes âgées et enfants assistés souffrent également d’un sous-financement chronique, et une simple visite ministérielle ne saurait masquer les difficultés structurelles auxquelles ils font face.
Plutôt qu’une réelle prise de responsabilité, cette visite ressemble davantage à une opération de communication bien huilée, visant à donner l’illusion d’une attention gouvernementale envers les plus vulnérables, sans pour autant apporter de solutions concrètes à leurs souffrances quotidiennes.
