Le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs a annoncé que Zakat El-Fitr serait cette année fixée à 150 DA, payable dès le 15e jour de Ramadhan. Une annonce qui, comme chaque année, illustre la mainmise administrative sur une tradition religieuse censée être un acte de solidarité spontané et personnel.
Première absurdité : la fixation d’un montant unique. Historiquement, Zakat El-Fitr correspond à un Saâ de nourriture (environ 2 kg), mais les autorités imposent un montant en argent, supposément pour « faciliter » l’aide aux nécessiteux. Or, cette uniformisation ignore les réalités économiques, notamment la fluctuation des prix des denrées alimentaires selon les régions et les niveaux de vie.
Deuxième point contestable : la collecte centralisée par les mosquées sous la supervision du ministère. En théorie, cette initiative vise à garantir une redistribution équitable. Mais en pratique, elle dépouille les citoyens de leur libre arbitre, les forçant à passer par un circuit bureaucratique plutôt que de donner directement à ceux dans le besoin. Où va réellement cet argent ? Est-il redistribué avec la transparence requise ?
Enfin, l’insistance sur le caractère « obligatoire » de cette aumône religieuse, même pour les plus modestes, semble déconnectée des principes mêmes de la Zakat, qui repose sur l’intention et la capacité. Plutôt que d’encourager une aide adaptée et sincère, cette gestion rigide transforme un devoir spirituel en simple taxe imposée par l’État.
Une question demeure : Zakat El-Fitr est-elle encore un acte de foi ou un outil de contrôle ?
